Papou Moussa Dabo / African Armure’s Storytelling


L’hexagone est peuplée de jeunes gens nés avec cette double culture : son pays d’origine, et son lieu de naissance : la France. L’histoire les lie, les enrichis, les ouvre à deux univers parallèles qui les construits, de part et d’autre, en permanence.

 

La société française les appelle la 3ème génération d’immigrés, alors qu’ils sont tout bonnement Français. C’est dans ce contexte que les parents de Papou Moussa Dabo – tous deux ressortissants du Mali – l’accueillent dans une maternité du 13e arrondissement de Paris.

 

Dabo est un nom Bambara noble au Mali, son pays d’origine, et il est l’arrière petit-fils de Fily Dabo Sissoko, un des plus grands écrivains maliens et un des premiers députés noirs de l’Assemblée Nationale française en 1946. Alors qu’il évolue au sein du collectif phare de la fin des années 90 : la MAFIA K’1FRY (Mafia Africaine), tel le WU TANG CLAN aux USA. Sa mère lui répète trop souvent « Ce sont les griots qui chantent mon fils, et tu n’en es pas un. » Cette réflexion le travaille énormément, pendant que Kery James – l’un des leaders du collectif – lui dit qu’il a une vraie plume.

Ses potes du collectif, la MAFIA K’1FRY, perçaient dans la musique avec les groupes : 113, IDÉAL J ou encore INTOUCHABLES. Lui est à la fois rappeur/backeur, styliste, entrepreneur, commercial, négociant, et même animateur dans un centre social. Le rap, il en a fait, mais n’a jamais été emporté par le flow. Ecrire est son talent.

 

« Mes références, explique t-il, c’était P. Diddy, Russell Simons… Les autres marques nous démarchaient pour porter leurs vêtements avec le succès du groupe, je me suis dit : mais on est entrain de les aider à faire des thunes ! Autant porter notre propre marque ! ». Le déclic, il l’a eu en studio, dans une ambiance créative avec les autres membres, Kery James lâche ses lyrics, et dit dans un couplet « J’endosse l’AFRICAN ARMURE. » Papou lui révèle : « Kery, merci ! T’as sorti LE truc que je cherchais depuis trop longtemps. Et bien tu sais quoi, on va tous l’endosser l’AFRICAN ARMURE.« .

Le nom de la marque devient une évidence pour Papou : AFRICAN, c’est ce qu’il est, son pays d’origine est encré en lui c’est la culture qu’il porte, et ARMURE : en tant que descendant du soldat Soundjata Keïta, souverain mandingue de l’Afrique de l’Ouest médiévale, fondateur de l’Empire du Mali, décrit exactement sa vision.

 

D’ailleurs, très tôt Papou Moussa Dabo a qu’une idée en tête : devenir son propre patron ! C’est naturellement qu’il fait des études de comptabilité, et de gestion financière.

Pendant que ses potes se mettent à fond dans le Rap, Papou profite de toutes ses économies et voyage : Miami, New York, Cuba, Brésil, Mali, Sénégal, Guinée, Mauritanie, le Maghreb, Cameroun, Thaïlande… À Cuba, il apprend à connaître les cigares. En Thaïlande et au Maroc, il commence à s’intéresser à la fabrication textile. Au Mali, Sénégal, Guinée et Mauritanie, il forge et cimente son africanité.

Juste après le succès du titre « Truc de Ouf »  du 113 (1998), Papou motive les autres membres de la MAFIA K’1 FRY pour qu’ils détiennent leur propre merchandising et pour lancer leur propre marque : AFRICAN ARMURE. D’ailleurs, la plupart des membres du collectif jouent le jeu dans le clip « Pour Ceux » qui compte + de 16 millions de vues à ce jour, et « Tonton du Bled » de l’album Princes de la Ville (Double Disque d’Or en 1999). Des artistes comme Oxmo Puccino, Ali (Lunatic), SNIPER, Nessbeal, Doudou Masta et même des sportifs endossent l’AFRICAN ARMURE.

 

La Marque AFRICAN ARMURE naît en 1999, Papou Moussa Dabo a 24 ans.

AFRICAN ARMURE, c’est tout d’abord du cuir, et une bonne qualité des matières sélectionnées. L’AFRICAN ARMURE protège celui qui la porte et le valorise aussi, le nourrit de sa propre vision : « Plutôt que d’insister sur les galères et les embrouilles de banlieusard qui malgré tout m’ont aussi construit, je préfère mettre en avant ma double culture, c’est celle qui m’a le mieux protégée. »  Une fois le logo trouvé, les vêtements dessinés, tous les membres de la MAFIA K’1 FRY se mettent d’accord pour porter les vêtements sur scène comme dans leur quotidien, le succès d’AFRICAN ARMURE est immédiat.

De 2000 à 2007, sa marque devient l’un des grands détaillants de Streetwear en France, à l’instar des marques comme COM 8, WRUNG, DIA, BULLROT ou HOMECORE.

Avec 150 points de vente en France, Suisse, Allemagne et Belgique, AFRICAN ARMURE propose plus de 300 références : du simple t-shirt au blouson en cuir en passant par les doudounes, développant aussi une ligne pour les femmes. L’idée étant toujours d’allier le vêtement aux messages forts : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque entière qui brûle. » Amadou Hampaté Bah, et toutes les autres valeurs qui lui tiennent à coeur.

 

En 2007, Papou profite de la fin de son contrat avec son licencié pour faire une pause.

Il se détache du collectif, tout en restant en bons termes avec eux,  et oriente sa marque sur des valeurs qui lui sont plus personnelles : la protection de l’environnement, l’ouverture culturelle, les relations économiques entre l’Afrique et l’Occident.

 

La demande étant toujours présente, il est important de revenir avec un concept plus actuel. Avec son associé et ami Ariles De Tizi, ils décident d’utiliser le nom YOUNG NATION, pour le renouveau de la marque. Ils associent alors des artistes d’univers différents tel que : Fred Ebami, Alif King, Moussa, Marie Soi, Ariles De Tizi… de façon à créer de nouvelles collections plus proches de l’art.

 

Aujourd’hui, YOUNG NATION demande qu’à s’étendre au-delà des frontières hexagonales.